Question d’actualité concernant le dépistage précoce du cancer des poumons

QUESTION D’ACTUALITÉ DE MME ANGELINA CHAN

à Mme Elke Van den Brandt et à M. Alain Maron, membres du Collège réuni chargés de l’Action sociale et de la Santé,

concernant le dépistage précoce du cancer des poumons

Mme Angelina Chan (MR).– Cette semaine, le Belgian Cancer Registry nous alarmait sur la progression du cancer du poumon chez les femmes.

Ce cancer reste l’un des plus meurtriers en Belgique, et bien qu’il régresse chez les hommes, il croît fortement auprès des femmes. Le tabagisme constitue la cause principale, mais d’autres facteurs tels que la pollution atmosphérique ou les mutations génétiques jouent également un rôle. Malgré les avancées thérapeutiques, le taux de survie à cinq ans demeure faible : autour de 30 %. Par ailleurs, de nombreux experts plaident pour l’introduction d’un programme de dépistage précoce.

Dans ce contexte préoccupant, comment le Collège réuni évaluet-il la situation actuelle en matière de prévention et de détection du cancer du poumon ?

(Applaudissements)

M. Alain Maron, membre du Collège réuni.- Étant régulièrement interrogé au sujet des campagnes de dépistage de cancers dans le cadre de la commission, je fournirai ici une réponse relativement brève. Tout d’abord, il faut savoir qu’avant de lancer un dépistage généralisé d’un cancer, une évaluation est nécessaire afin de déterminer les coûts et les bénéfices d’une telle campagne, notamment sur le plan de la santé publique. Dans ce cadre, le cancer du sein, le cancer colorectal et le cancer du col de l’utérus sont les trois formes de cancer identifiées comme devant prioritairement faire l’objet d’un dépistage généralisé et bénéficient, à ce titre, d’un dépistage systématique le plus massif possible. Nous devons encore augmenter le nombre de participants à ces dépistages, mais c’est bien une priorité politique.

En ce qui concerne le cancer des poumons, le Fonds des affections respiratoires (Fares) bénéficie évidemment de subventions en vue de favoriser l’abandon du tabagisme parmi la population. Cela étant, comme vous l’avez souligné, le cancer du poumon n’est pas toujours issu ou exclusivement issu du tabagisme.

Par ailleurs, l’administration et l’Observatoire de la santé et du social de Bruxelles-Capitale travaillent actuellement à une évaluation des différents programmes de dépistage. Il s’agit notamment d’identifier les freins auxquels sont confrontés les citoyens qui ne participent pas aux programmes de dépistage systématiques. Le cancer du poumon ne fait d’ailleurs l’objet d’aucune campagne de dépistage systématique à ce stade, mais ce n’est pas exclu à l’avenir. Bien entendu, cela n’empêche pas les médecins de faire dépister leurs patients s’ils soupçonnent un risque particulier de cancer du poumon.

Mme Angelina Chan (MR).- Je voudrais souligner l’ampleur du phénomène. Selon les dernières données disponibles, le nombre de cas de cancer du poumon chez les femmes a presque doublé. Ce n’est pas une simple évolution statistique, c’est une véritable alerte de santé publique.

Étonnamment, nous disposons, en Belgique, de programmes de dépistage spécifiques pour plusieurs cancers, comme ceux du sein et du côlon, mais rien n’est encore prévu pour celui du poumon. Or, celui-ci reste le plus meurtrier de tous. Nos voisins néerlandais ont mis en place un dépistage ciblé pour les personnes à risques, notamment les gros fumeurs. Les résultats sont très prometteurs, cette initiative ayant permis de réduire la mortalité jusqu’à 20 %.

Je suis bien consciente que le Collège réuni est en affaires courantes. Cependant, certaines initiatives restent possibles sans engager de nouvelles orientations politiques. Je pense, par exemple, à la préparation de recommandations pour le prochain gouvernement ou encore au maintien de la continuité des campagnes de prévention existantes.