Bilan des actions et des résultats attendus du plan de relance européen concernant les projets liés à l’emploi et à la transition numérique

QUESTION ORALE DE MME ANGELINA CHAN

à M. Bernard Clerfayt, ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de l’Emploi et de la Formation professionnelle, de la Transition numérique, des Pouvoirs locaux et du Bien-être animal,
et à Mme Barbara Trachte, secrétaire d’État à la Région de Bruxelles-Capitale chargée de la Transition économique et de la Recherche scientifique,

concernant le bilan des actions et des résultats attendus du plan de relance européen concernant les projets liés à l’emploi et à la transition numérique.

Mme Angelina Chan (MR).- Face à la pandémie de Covid-19 et ses conséquences sociales et économiques en Europe, l’Union européenne a mis en place, dans le cadre du programme Next Generation EU, un plan de relance inédit – la facilité pour la reprise et la résilience – doté d’un budget total de 723,8 milliards d’euros, dont près de 6 milliards ont été attribués à la Belgique. Ce mécanisme vise à financer des projets de réforme et d’investissement pour atténuer les effets de la crise sanitaire, tout en renforçant la durabilité et la résilience économique et sociale des États membres.

La mise en œuvre de ce plan repose sur une forte implication des entités fédérées, dont la Région de Bruxelles-Capitale, laquelle a fixé des priorités ciblant à la fois la transition numérique, l’accompagnement du marché du travail, la relance des compétences et la lutte contre la fracture numérique.

Dans le champ de vos compétences, plusieurs projets clés ont été retenus et financés, parmi lesquels :

– des dispositifs de formation axés sur les compétences de demain pour accompagner les transitions économique, numérique et écologique ;
– le projet FARI – AI for the Common Good ;

un plan de numérisation des écoles secondaires, avec un soutien de 5,2 millions d’euros pour équiper 240 établissements.

À l’approche de l’échéance du plan, je souhaiterais obtenir un bilan précis de l’état d’avancement de ces projets, de leur impact et des éventuelles difficultés rencontrées.

En matière d’emploi et de formation, quelle méthodologie a été retenue pour recenser les compétences de demain dans le cadre des dispositifs de formation financés par le plan ?

Combien de Bruxellois ont déjà bénéficié de ces programmes depuis leur lancement ?

En matière de transition numérique, le projet FARI – AI for the Common Good, cofondé par l’ULB et la VUB, visait à positionner Bruxelles comme pôle d’innovation technologique et éthique en intelligence artificielle, tout en soutenant l’emploi local et la transition numérique, et en visant un impact social durable. L’objectif était donc de dégager des solutions concrètes pour stimuler l’économie locale en générant de l’emploi dans les technologies durables à Bruxelles.

Étant donné que ce projet couvrait la période 2022-2024, disposez-vous d’un bilan chiffré, notamment du nombre de nouvelles entreprises de la tech s’étant installées à Bruxelles grâce à cette initiative ?

En matière de transition numérique des écoles, un budget de 5,2 millions d’euros a été alloué à l’équipement numérique de 240 écoles secondaires bruxelloises. Il visait l’installation de 3.500 dispositifs d’ici à 2024, en accordant une attention particulière aux établissements les plus vulnérables.

Pouvez-vous dresser le bilan chiffré et actualisé de ce projet ? Ses objectifs ont-ils été atteints ? Quels sont les retours du terrain concernant l’utilisation de ces équipements ?

Mme Barbara Trachte, secrétaire d’État.- Je commencerai par répondre à vos questions concernant l’institut FARI, qui dépend de mes compétences, et je vous lirai ensuite les réponses du ministre Clerfayt concernant l’emploi, la formation et la transition numérique des écoles.

Le projet FARI, un institut d’intelligence artificielle pour le bien commun cofondé par l’ULB et la VUB, vise à positionner Bruxelles comme un pôle d’innovation technologique et éthique en intelligence artificielle tout en soutenant l’emploi local, la transition numérique et l’impact social durable. Il s’agit également de stimuler l’économie locale en créant de l’emploi dans les technologies durables à Bruxelles.

L’objectif principal du programme était de soutenir l’accélération des activités des participants dans le domaine de l’intelligence artificielle. Si le suivi systématique des créations d’entreprises issues de ces parcours n’était pas au centre de la démarche, la collecte de ces données a posteriori est en cours afin d’obtenir une vue d’ensemble actualisée.

Aucun nouveau financement d’Innoviris n’est prévu pour le moment, l’ULB et la VUB ayant obtenu la pérennisation du projet FARI grâce, entre autres, à l’obtention d’un financement du Fonds européen de développement régional.

À la date du 31 décembre 2024, 8 administrations avaient été impliquées dans la réalisation de projets pilotes, 3 sociétés étaient partenaires de projets collaboratifs avec le monde académique et privé et 35 administrations avaient été formées aux jumeaux numériques.

Entre le 1er mars 2023 et le 31 décembre 2024, le FARI a reçu plus de 200 visites, avec 2.433 visiteurs individuels dans le Test & Experience Center, qui se trouve à la gare Centrale, derrière les arrêts de bus. Environ 30 % des visiteurs étaient des représentants d’entreprises belges, mais aussi européennes.

Concernant le nombre de jeunes entreprises soutenues, 15 font partie des deux cohortes de l’accélérateur FARI, plus de 45 ont visité le Test & Experience Center et plus de 20 ont visité le Computer Augmented Virtual Environment (CAVE) du FARI, qui permet d’expérimenter les jumeaux numériques.

Concernant vos questions relevant des compétences du ministre Clerfayt, voici ce qu’il m’a transmis.

La méthodologie utilisée pour déterminer les compétences de demain se base principalement sur le développement des activités de veille sectorielle au sein des pôles formation-emploi. L’objectif est d’anticiper les évolutions affectant à court, moyen ou long terme l’emploi, les métiers ou profils de compétences et qualifications, ou une thématique spécifique au secteur. Il contribue à préparer les chercheurs d’emploi et les travailleurs aux métiers de demain afin qu’ils soient en phase avec la réalité technologique et à sensibiliser les acteurs de l’emploi, de la formation et de l’enseignement selon la thématique choisie.

S’appuyant sur le cadre méthodologique défini par view.brussels, le pôle formation-emploi établit un rapport annuel présentant ses conclusions sur l’observation et l’analyse de l’évolution des métiers et des besoins en compétences, ainsi que de leur incidence sur l’offre de formations.

À l’heure actuelle, ces actions concrètes ont déjà profité à 614 chercheurs d’emploi : 477 hommes et 137 femmes âgés de 18 à 65 ans.

Les participants ont eu l’occasion de suivre un parcours structuré et riche en contenu, comprenant une formation, un processus de test et un entretien. Ce dispositif vise à renforcer leurs compétences et leur employabilité et ainsi leur offrir une véritable chance de réintégrer le marché du travail dans les meilleures conditions. Ces programmes se distinguent en outre par leur inclusivité pour le facteur du niveau d’études, puisqu’ils accueillent des participants de tous les niveaux, du certificat d’études de base au master.

Quant à la transition numérique des écoles, mon collègue m’indique qu’au 1er avril 2025, et depuis le lancement du projet en 2020, près de 4.000 dispositifs ont été installés dans les établissements scolaires bruxellois, à savoir 1.793 dispositifs TIC (ordinateurs, écrans interactifs) et 2.125 dispositifs réseau (routeurs, etc.). À ce jour, 155 écoles bénéficient d’une connexion internet et wi-fi performante. L’objectif initial de 3.500 dispositifs installés a donc été atteint et même dépassé.

Les installations se poursuivent en 2025 : 63 dispositifs wi-fi supplémentaires seront installés dans 5 écoles. Priorité a été donnée, dans ce projet, aux établissements présentant un indice socioéconomique plus faible.

Le projet étant encore en phase de déploiement, aucune évaluation systématique n’a été menée dans les établissements bénéficiaires. Cependant, les retours du terrain, recueillis lors de visites de contrôle, à la signature des rapports d’installation ou encore dans le cadre de l’audit de la Commission européenne, sont très positifs. Équipes pédagogiques, directions et élèves expriment uniformément une grande satisfaction, soulignant que ces équipements représentent une avancée majeure en matière de connectivité.

Mme Angelina Chan (MR).– Je vous remercie pour la précision des éléments transmis. Je salue aussi la transparence et la clarté des chiffres. Je note que le projet FARI a permis de positionner Bruxelles comme un acteur de l’innovation éthique en intelligence artificielle. Par ailleurs, je voudrais savoir quelles sont les perspectives de pérennisation de ce pôle d’innovation après la fin du financement européen.

Je vous félicite pour la réussite du projet de transition numérique des écoles secondaires bruxelloises, qui a permis d’atteindre les objectifs fixés en matière d’équipement et d’accompagnement des établissements, notamment les plus vulnérables. Ce résultat est un signal fort en faveur de la réduction de la fracture numérique et de la préparation des jeunes Bruxellois aux défis de demain.